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08.05.2007

Elle nous avait menti...

medium_handicap.jpgEn absence de démenti clair dans la presse ce matin, j'ai mené ma petite enquête sur le problème des enfants handicapés cité hier soir par Mme Royal.

En ce qui concerne les textes, vous aurez tout sur la page de l'éducation nationale : 

http://www.education.gouv.fr/cid207/la-scolarisation-des-...

Le nombre d'emplois créés dans le but d'encadrer les enfants n'a pas cessé d'augmenter (en lieu et place des 5000 suppressions de postes qu'elle annonce), même si il reste encore insuffisant en la matière.

De plus, le gouvernement a légiféré le 11 février 2005 pour renforcer ce qui existait déjà.

J'ai par ailleurs appelé directement Handiscol, dont voici le numéro : 0810 55 55 01.

La dame que j'ai eue m'a confirmé tout ceci, en m'expliquant qu'elle avait eu déjà plusieurs appels, et que les propos de Mme Royal étaient complètement faux. La cellule existe toujours, et les suppressions de postes ne sont que pur mensonge.

J'avoue que ça me titillait depuis hier soir car on sait combien Chirac a insisté sur ce point tout le long de sa présence à l'Elysée, et il me paraissait incroyable que son gouvernement ait pu employer de telles méthodes, et « déscolariser » des enfants handicapés (car supprimer les aides scolaires, cela revient à ça).

Mensonges donc, alors qu'en est-il du reste, je me le demande, je vais aller demander aux partenaires  sociaux ce qu'ils en pensent, ou bien organiser un referendum.

Voilà, moi aussi je suis en colère, na !

Voici par ailleurs le témoignage que je viens de trouver sur internet émanant d'une personne beaucoup plus concernée que Mme Royal par le problème :

La colère de madame Royal n'était pas "saine' puisque ses propos étaient faux. Je suis maman d'un jeune homme handicapé. En 2000, notre association de parents avait effectivement pu embaucher deux emploi-jeunes au service de tous nos enfants. Aujourd'hui, c'est 5 salariés par famille qui sont possible d'avoir en emploi direct (grâce à la "prestation de compensation") au service de son enfant en situation de grande dépendance grâce à l'avancée spectaculaire de la loi du 11 février 2005. L'intégration scolaire s'est également démultipliée avec le dernier gouvernement et le problème n'est plus la législation. La loi existe mais sa mise en application entraîne un changement de culture qui n'est pas encore complètement réalisé et c'est là que la proposition de monsieur Sarkozy d'un "droit opposable" est intéressante. Effectivement le rejet de la différence existe toujours et il faudra aussi prévoir la professionalisation et l'accompagnement des auxiliaires de vie scolaire . En se mettant ainsi en colère, madame Royal n'espère convaincre que ceux qui ne sont pas confrontés au handicap d'un enfant et comme, bienheureusement, c'est la majorité, ...elle peut ainsi convaincre ceux qui ne connaissent pas le problème. Cette façon de faire s'appelle de "l'immoralité politique"!

Témoignage de Marie-Paule

Commentaires

Travaillant dans l'éducation nationale auprès des maternelles et écoles primaires et régulièrement avec les enfant dit "handiscole", je tiens à revenir sur vos propos et préciser le fonctionnement actuel du système.
Tout d'abord Madame il est indéniable que des recrutements de personnels ont été opérés depuis la loi de 2005 et cela plutot au cours de l'année 2006 par l'intermédiaire de contrat d'avenir et de contrat de retour à l'emploi appelé emplois vie scolaire.

Entre 2002 et 2006 il existe un vide dont vous pourriez peut être en expliquer la nature de manière non partisane ?

D'autant que sur cette même période les postes d'enseignants spécialisés pour les enfants en difficultés ont aussi fondu comme neige au soleil.

Je tiens aussi à préciser aux lecteurs que les emplois vie scolaire intervenant auprès des enfants "handiscols" n'ont aucune formation ou compétence sur un plan professionnel pour s'occuper de ses enfants.
Je fais un copié/collé du profil des candidats :

"A qui s’adressent ces contrats ?
Le contrat d’accompagnement dans l’emploi
s’adresse aux demandeurs d'emploi qui sont dans l'une des situations suivantes :
• demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de 2 ans au cours des 36 derniers mois ;
• demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus ;
• demandeurs d’emploi reconnus travailleurs handicapés par la COTOREP ;
• bénéficiaires de l'allocation de parent isolé (API) ;
et aux jeunes de 16 à 25 ans révolus qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles pour accéder à l’emploi.

Le contrat d’avenir
est réservé aux bénéficiaires des minima sociaux percevant l'une de ces quatre allocations depuis au moins 6 mois au cours des 12 derniers mois à la date de conclusion de ce contrat :
• le revenu minimum d’insertion (RMI) ;
• l'allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
• l'allocation de parent isolé (API) ;
• l'allocation aux adultes handicapés (AAH)."

Un lien institutionnel ou vous pourrez de vous même vérifier mes propos : http://www.ac-poitiers.fr/voir.asp?r=76

Je tiens à ajouter que ces contrats sont des CDD de 9 mois pour les derniers recrutement opéré fin 2006 ; ces contractuels ne savent pas à l'heure actuelle si leurs contrats seront renouvelé pour la rentrée prochaine et donc s'ils continueront l'accompagnement des enfants qu'ils suivaient. Il serait grand temps après les paroles et les déclarations de bonnes intentions de mettre en place une vrai cohérence dans ce domaine.

Il faut arrêter ce discours condescendants et dire aux familles la vérité : si l'école ne bénéficie pas du personnel et de l'infrastructure nécessaire comment pourra t-elle accueillir ces enfants et les faire progresser ?

Enfin j'en terminerai mon propos sur ceci avoir la volonté de faire et de créer un droit opposable aux familles pour la scolarisation de leurs enfants est une bonne chose mais sans moyens humains compétents (toujours insuffisants à l'heure actuelle)cela ne restera qu'une volonté et dans 5 ans ce thème sera de nouveau une question de campagne présidentielle et un bilan à assumer.

Ecrit par : VIGNAUD Pierre-Hubert | 15.05.2007